Le son de blé

Le son de blé provient de l’enveloppe du grain de blé qui est composé d’un germe et d’une partie protectrice rigide qu’on broie et transforme en farine. Le son de blé était toujours broyé en même que temps que les autres parties du blé, autrefois. C’est la grosseur du tamis qui déterminait plus ou moins la présence de son dans la farine de blé. Dans les moulins à farine installés au Québec, le tamis le plus fin était installé au début du passage de la farine qui venait d’être broyée par les meules. C’est là qu’on ramassait la farine la plus blanche qu’on appelait le fleur de la farine. Cette farine blanche était réservée au dimanche et aux jours de fête. La farine contenant plus de son passait par des tamis plus gros. Lorsque on n’avait peu de blé, certaines années, on gardait toute la farine de blé entier. Sinon, on donnait le son de blé le plus gros aux animaux de la ferme, en la mélangeant avec de l’eau. La farine contenant du son était vendue moins cher et le pain était appelé du pain bis ou du pain noir. C’était le pain du quotidien, des jours de semaine. Ce n’est que dans les années 1890 que l’on commença à faire la promotion du blé entier, aux États-Unis. Ce sont les pasteurs de la nouvelle religion américaine L’Église des Saints des derniers jours qui en ont fait la promotion, comme Graham et Kellog qui lancèrent l’habitude de consommer des grains entiers, dès le matin, pour bien commencer sa journée ; ces gens croyaient que la consommation de ces céréales entières aidaient à contrôler la libido des adolescents. Les fameux All Bran se sont ainsi répandus dans toute l’Amérique, y compris au Québec. Et pour en vendre plus, on s’est mis à proposer des recettes de pâtisseries avec du son de blé pour en passer plus. L’objectif premier a finalement été remplacé par des raisons commerciales uniquement. Le All Bran commercial a des avantages certains pour notre santé, en comparaison avec d'autres céréales pas toujours recommandables.