Les poires

Ce fruit est arrivé chez nous au XVIIe siècle. Il fallut plusieurs années cependant pour qu’on trouve le bon moyen de le cultiver dans un climat aussi nordique que le nôtre. Il fallut d’abord trouver la variété qui s’acclimaterait le mieux à nos hivers. Champlain planta les premiers poiriers à Québec après l’avoir fait en Acadie, en 1604. La variété qui réussit à pousser chez nous s’appelait la Bon Chrétien, connue en France depuis le XVe siècle. Le fruit du prestige lorsqu’on prit l’habitude, en France, d’offrir un verre de champagne et une poire au roi qui venait de se faire consacrer, dans la cathédrale de Reims. C’est après cet événement qu’on prit l’habitude d’offrir à ses invités, une poire en dessert. Les archives des communautés religieuses montréalaises d’origine française racontent que cette habitude a perduré jusqu’à tout récemment, à la table des prêtres ou des religieuses. Les Anglais nous ont fait connaitre des poires qu’ils avaient développées chez eux comme la William. Cette poire amenée en Amérique fut transformée par un certain Enoch Barlett qui donna son nom à la nouvelle poire. Au XIXe siècle, la culture des poires s’intensifia dans le sud-ouest du Québec de sorte que les variétés citées sont maintenant présentes dans nos vergers et dans nos banlieues. Plusieurs propriétaires de La Prairie où j’habite maintenant ont de magnifiques poiriers dans leur cour.