Les éperlans grillés

Les brochettes de petits poissons étaient faites par les femmes autochtones de toutes les nations du Québec. Il faut dire d’abord que la pêche aux petits poissons leur était réservée, de même qu’à leurs enfants. Lorsque l’homme partait chasser avec ses garçons adolescents, il quittait souvent pour plusieurs jours. La femme et ses filles devaient alors se nourrir elles-mêmes. En été, la pêche en ruisseau ou en rivière demeurait le principal moyen de se nourrir. Les mamans françaises demandaient aussi à leurs enfants d’aller pêcher de la truite de ruisseau ou du capelan, ou de l’éperlan ou de l’achigan à petite bouche pour faire leur diner pendant que les hommes et les garçons ainés allaient faire les grands travaux, loin de la maison. On faisait parfois griller ces brochettes de poisson dehors sur un feu de camp, quand on allait ramasser des petits fruits ou faire des pique-nique au bord d’un lac, les dimanches d’été. Les brochettes d’éperlans se faisaient partout au bord du fleuve, et même autour de certains grands lacs de l’intérieur des terres, qui étaient jadis en communication avec l’Atlantique, au temps où les eaux étaient encore très hautes, après la fonte du glacier continental.