Les algues comestibles

La consommation d’algues était très marginale en Gaspésie, au siècle dernier. Les Irlandais récemment immigrés en Gaspésie en connaissaient quelques-unes de même que quelques pêcheurs d’origine normande qui en consommaient quand ils n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent. La consommation d’algues nous est venue principalement de la communauté japonaise établie à San Francisco et à Vancouver. Quelques jeunes chefs japonais ont initié des jeunes d’origine européenne à consommer les algues en soupe, avec du miso, au début des années 1980. Les algues étaient présentées comme des aliments santé et naturels, qui convenaient bien à une alimentation végétarienne. C’est exactement comme cela que j’ai goûté à des algues, en 1980, d’un ami qui revenait de Vancouver. Par la suite, on a connu les sushis et les algues. Mais sachez que les algues sont connues au Québec depuis bien plus longtemps. Les Inuit les consommaient régulièrement en association avec le phoque annelé. Les Cris de la Baie James les consommaient comme les Inuit de la Baie d’Hudson. Les Micmacs de la Baie-des-Chaleurs se faisaient des soupes de coquillages et d’algues que les Métis normands-micmacs ont adoptées. Les Micmacs s’en servaient pour cuire leur clam bake à la vapeur. Les algues les plus consommées chez nous ont été et sont toujours les alaries succulentes (wakame), le varech ou ascophyle noueuse, le fucus bifide, le fucus vésiculeux, la laitue de mer, la laminaire à long stipe (kombu), la laminaire digitée, la laminaire saccharine, la main de mer palmée (dulse), la mousse d’Irlande que les Irlandais utilisaient pour épaissir leur blanc-manger et la porphyre japonaise (nori) qui sert à faire les sushis. On commence à voir des salades d’algues, dans certaines épiceries des grandes villes québécoises.